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Agenda et fonctionnement

Processus d’élaboration de l’agenda de la Plateforme

La pertinence et la viabilité de la Plateforme dépendra de sa capacité réelle d’exécution, c’est-à-dire sa capacité à être un moteur effectif de l’AAG, et un catalyseur d’une meilleure coordination et cohérence des agendas de gouvernance aux niveaux régional et continental. Un processus d’élaboration d’agendas clairement défini est la clef d’un fonctionnement effectif de la Plateforme. Deux pièges devront être évités : Le premier d’entre eux consiste à établir un agenda trop ambitieux pour la Plateforme. Ce serait par exemple le cas si les acteurs institutionnels participants établissaient une liste des thèmes à aborder au sein de la Plateforme. Cela pourrait rapidement amener la Plateforme à traiter d’un vaste éventail de thèmes sans pour autant apporter une valeur ajoutée. Le second risque consiste à orienter le travail de la Plateforme vers l’organisation « d’évènements ad hoc » au détriment d’un processus d’échange systématique en cours, du dialogue et de la recherche de synergies entre les mandats respectifs et les initiatives des divers participants.

Pour éviter ces deux risques, il est primordial de définir un processus adéquat pour l’élaboration de l’agenda de travail de la Plateforme en sélectionnant, après une large concertation, un nombre limité de défis ou de thèmes concernant la gouvernance que la Plateforme pourra valoriser et qui pourraient faire avancer l’agenda élargi de la consolidation de l’AAG.

Une série de critères de sélection des thèmes prioritaires éventuels relatifs à la gouvernance pourrait faciliter le processus de sélection au cours du premier plan d’action de la Plateforme. Les cinq critères pertinents sont les suivants :

  • Pertinence du thème des agendas de la gouvernance continentaux et régionaux existants ;
  • Capacité du thème à réduire la fragmentation, à créer une meilleure sensibilisation et à accroître les synergies/complémentarités ;
  • Capacité du thème à articuler divers niveaux de gouvernance (aux niveaux continental, régional, national et local) ;
  • Capacité du thème à clarifier la division du travail entre les diverses organes de l’UA, les CER et tes Etats membres ;
  • Contribution au renforcement globale de l’AAG.

Dans une tentative exploratoire d’appliquer ces critères, divers défis et thèmes émergent comme des points d’agendas éventuels pouvant être abordés par la Plateforme (comme bras opérationnel et facilitateur de l’AAG). Parmi ces thématiques on note les principales priorités ci-après :

  • Promouvoir la ratification et la mise en œuvre effective de la Charte de démocratie, des Élections et de la Gouvernance ;
  • Assurer une bonne intégration du MAEP dans l’architecture générale de l’AAG et veiller à sa mise en œuvre effective (en incluant la question des indicateurs de gouvernance) ;
  • Développer le travail réalisé sur les droits économiques et sociaux (afin de démontrer que l’agenda de la gouvernance n’est pas limité aux seuls droits politiques individuels) ;
  • Clarifier le rôle des CER, comme pilier de l’UA, dans la promotion de la gouvernance dans tout le continent, conformément aux principes de la subsidiarité ;
  • Développer de nouvelles normes panafricaines sur la gouvernance locale tout en considérant la manière dont les administrations locales pourraient être intégrées et associées à l’AAG.

Les conditions d’un bon fonctionnement de la plateforme

Un certain nombre de conditions politiques, institutionnelles et financières sont requises pour permettre à la Plateforme de jouer son rôle de catalyseur au sein de l’AAG.

Parmi les conditions politiques les suivantes sont primordiales : (i) un leadership bien défini de la CUA pour faire avancer l’AAG et utiliser au mieux la Plateforme ; (ii) une volonté politique affirmée des diverses institutions africaines de la gouvernance de s’engager dans l’AAG/Plateforme sur une base systématique (appropriation) : (iii) le respect du mandat de chacun des acteurs institutionnels (en vue d’assurer que la Plateforme ajoute de la valeur plutôt que de refaire le travail déjà accompli).

Deux conditions institutionnelles sont primordiales pour les performances de la Plateforme. Premièrement, chacun des acteurs institutionnels impliqués devrait désigner un ’point focal’. La nomination d’un tel point focal devra démontrer l’engagement de chacun des acteurs participants, cela faciliterait beaucoup les engagements concrets de l’institution et assurerait la continuité du processus (entre les réunions).

La seconde condition serait d’organiser le travail de la Plateforme dans le cadre d’un processus itératif (afin d’éviter que le travail soit réduit à une succession de réunions). Ce qui suppose, à son tour, des capacités substantielles de facilitation en vue (i) d’organiser la circulation de l’information parmi les acteurs ; (ii) d’animer la Plateforme (entre autres par un site internet) ; (iii) de créer la « connexion » entre les diverses initiatives de gouvernance ; (iv) d’investir dans les réseaux ; (v) de suivre le déroulement des opérations ; etc. Alors que la CUA peut assurer le cadre général de tous ces processus, il se peut que le manque de ressources humaines ne permette pas d’assurer une facilitation effective régulière. Ce rôle pourrait être dévolu à un facilitateur externe, c’est-à-dire à une institution africaine indépendante, engagée dans la gouvernance, qui aurait une légitimité reconnue et serait capable de faciliter le travail de la Plateforme sous la direction de la CUA.

Un ensemble de conditions financières est également essentiel pour garantir un fonctionnement effectif de la Plateforme. Pour assurer son rôle de catalyseur, la Plateforme doit disposer de ressources financières régulières. Considérant l’importance accordée par le Plan stratégique de l’UA à la consolidation de l’AAG, des mesures doivent être prises pour assurer des ressources dans le budget annuel global de la Commission pour le fonctionnement de la Plateforme. Pour garantir une appropriation du processus, chacun des acteurs institutionnels de la gouvernance devrait être en mesure de financer la participation de son point focal aux réunions.

Publié le 9 décembre 2010