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Côte d’Ivoire : la réinvention de soi dans la violence

Sous la direction de Francis Akindès. Dakar, CODESRIA, 2011, 256 p., ISBN : 978-2-86978-328-7

Sous la direction de Francis Akindès. Dakar, CODESRIA, 2011, 256 p., ISBN : 978-2-86978-328-7

La grave crise sociopolitique qu’a connue la Côte d’Ivoire en septembre 2002 a déchaîné des passions politiques. Immigration, étranger, ethnonationalisme, nationalisme, patriotisme, guerre civile, jeunesse à risque. Voilà le corpus du vocabulaire à partir duquel est restitué ce qui arrive à la Côte d’Ivoire. Les efforts d’explication de la « crise » que traverse ce pays présenté dans un passé récent comme étant « relativement paisible » se déclinent surtout sur le registre de la surprise, rendant une fois encore compte du contrôle presque absolu des médias sur l’événementiel, avec finalement le risque de ne penser l’événement qu’à partir des canevas médiatiquement corrects.

Cette capacité des professionnels de l’événementiel à fixer les mots dans lesquels l’histoire sociale doit être pensée complique la tache des sciences sociales et humaines en même temps qu’elle nous apparaît stimulante. La compréhension des situations complexes étant désormais confinée dans une confusion entre le simple et le simplifié, l’enjeu pour les sciences sociales et humaines est de reprendre les places qui sont les leurs en tentant de restituer les réalités sociales et politiques dans leur complexité. Les contributions qui composent cet ouvrage tentent justement de dépouiller les mots simples de leur excessive simplification pour aider à la compréhension des maux sociaux et politiques, voire du sens de l’histoire. Cet ouvrage se veut avant tout un regard de l’intérieur. Le défi, ici, est avec le recul nécessaire, de déconnecter le réel de l’idée de surprise qui empêche une plongée dans l’analyse en profondeur de réalités qui ne sont que les résultats d’un processus historique sur une durée relativement longue. Au cœur de ce processus se trouve le paradoxe d’une réinvention de soi dans la violence mais au nom de la démocratie. La crise postélectorale de 2010 et l’intensité de la violence qui la ponctue démontrent encore une fois tout l’intérêt de la thèse du paradoxe démocratie-violence et du présent exercice de son objectivation.

Francis Akindès est sociologue et Professeur des universités. Il est le Président du Conseil scientifique et le Chef du Département d’Anthropologie et de Sociologie de l’Université de Bouaké (Côte d‘Ivoire). Il est également chercheur associé à l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD-France) et à CRISE (Université d’Oxford). A travers ses ouvrages, Akindès traite aussi bien de la sociologie des mutations politiques et économiques que de l’analyse des politiques publiques de lutte contre la pauvreté.

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Publié le 23 novembre 2011