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Lutte contre les flux financiers illicites

Selon l’ancien Président de la République sud-africaine, Thabo Mbeki, la société civile a un rôle majeur à jouer dans la lutte contre les flux financiers illicites.

Prenant la parole devant les médias à l’issue d’une réunion consultative de deux jours sur les flux financiers illicites en provenance d’Afrique, organisée à Maputo (Mozambique), M. Mbeki, qui préside le Groupe de haut niveau sur les flux financiers illicites (dix membres), a demandé une plus grande implication de la société civile dans la lutte contre les capitaux clandestins qui quittent l’Afrique. « Le rôle de la société civile n’a jamais été aussi important car l’Afrique est confrontée à l’un des plus graves problèmes économiques menaçant le développement du continent », a-t-il déclaré.

Pendant leur visite de deux jours, les membres du Groupe de haut niveau ont tenu des réunions séparées avec le Président Armando Guebuza, ainsi qu’avec de hauts-fonctionnaires gouvernementaux, des représentants d’entreprises publiques et des membres de la société civile.

Le Président Guebuza a salué le travail du Groupe de haut niveau, créé par la Commission économique pour l’Afrique et l’Union africaine et entré en fonction en février 2012, pour traiter le problème débilitant des flux financiers illicites, estimé à 50 milliards de dollars par an.

Parmi les préoccupations soulevées par les pouvoir publics et d’autres intervenants, la capacité de surveiller et de vérifier ce qu’un pays produit et exporte vers d’autres pays. « Les fonctionnaires s’appuient souvent sur ce que les entreprises déclarent comme quantité et valeur des produits exportés ou importés, il n’y a aucun mécanisme permettant de vérifier avec le pays de destination ou, dans le cas des importations, avec les pays d’origine, la quantité et la valeur des envois », a indiqué un agent d’une entreprise publique.

Les participants de la société civile ont demandé davantage de transparence et un meilleur accès aux informations détenues par les gouvernements, en particulier s’agissant de contrats conclus avec des sociétés étrangères et multinationales, qui représentent 60 % des flux financiers illicites mondiaux, imputables à des transactions commerciales sans justificatifs, à l’évasion fiscale, à de fausses déclarations, à la corruption, aux prix de transfert, au blanchiment de capitaux et à d’autres activités criminelles.

Les données actuelles montrent qu’entre 1970 et 2008, l’Afrique a perdu plus de 854 milliards de dollars en flux financiers illicites, soit en moyenne environ 22 milliards de dollars par an. Ces sorties illicites de capitaux sont facilitées par une soixantaine de paradis fiscaux internationaux et par des juridictions dotées de lois sur le secret bancaire qui permettent de créer et d’exploiter des millions de sociétés déguisées, de sociétés écrans, de comptes fiduciaires anonymes et de fondations caritatives factices.

La réunion du Mozambique marque la fin prochaine des consultations menées à l’échelle du continent, notamment en Algérie, au Kenya, au Nigéria, en République démocratique du Congo, en Tunisie et en Zambie.

Des consultations sont aussi prévues en Afrique du Sud, en Europe et aux États-Unis, de même qu’une visite de suivi au Kenya, avant que le Groupe de haut niveau ne compile ses conclusions et recommandations, qui seront présentées à la Conférence des ministres en mars 2014.

Source : UNECA

Publié le 26 septembre 2013

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