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Gouvernance de développement

La Gouvernance de Développement est un processus multisectoriel produit d’interactions multi-acteurs (institutions publiques, acteurs privés, sociétés civiles, individus, …) à différentes échelles de territoire (local, national, régional, continental et international) en vue d’une refondation de l’Etat en Afrique.

Le développement est vu ici comme un processus long et complexe, au centre duquel se trouve l’être humain, qui ne s’impose pas de l’extérieur et ne peut se décréter.

Il s’objective notamment dans le passage d’un système de règles sociales, économiques et politiques basées sur des relations personnelles et des codes non écrits, à un système fondé sur des institutions fortes, le droit impersonnel et la règle écrite endogénéisée et appropriée.

La Charte Africaine sur la Démocratie, les Élections et la Gouvernance adoptée en 2007 ainsi que le consensus de Tunis pour l’effectivité du développement (adopté par les parties prenantes Africaines en novembre 2010 sous la forte coordination du NEPAD et de la BAD) témoignent particulièrement de cette dernière dimension au niveau continental.

Comment expliquer le succès de la notion de gouvernance de développement ? Quelle est sa généalogie ? Comment articuler à travers elle l’héritage des traditions Africaines et l’action proactive pour un développement approprié et légitime ? Quels indicateurs retenir pour l’évaluer ? Autant de questions auxquelles des réponses seront apportées par l’IAG en fonction des avancées de la réflexion.

Quelques éléments peuvent néanmoins être déjà proposés par rapport à certaines de ces interrogations.

1) La notion de gouvernance de développement est d’abord le produit de la volonté de parties prenantes Africaines (Francophones, anglophones, lusophones, et arabes), issues de secteurs sociaux variés (secteur public, privé, société civile, autorités traditionnelles et religieuses, acteurs locaux, de la diaspora Africaine) et à différentes échelles de territoire (local, national, transfrontalier, régional, continental et international) impliquées par la refondation de la régulation de l’espace publique africain, de produire une vision Africaine et de se réapproprier leur devenir sur la base d’un état des lieux réflexif et critique de leur passé, de leur situation actuelle et d’un héritage de valeurs communes.

En ce sens aussi, la notion de gouvernance de développement se veut partagée, proactive et non pas uniquement réactive comme les acceptions de la gouvernance qui l’ont précédée.

2) La gouvernance est par ailleurs conçue ici dans une perspective holiste, intégrant la bonne gouvernance - entendue ici comme gouvernance économique et financière - ainsi que la gouvernance démocratique.

A côté de ces dernières, la gouvernance de l’environnement et des ressources naturelles, la gouvernance urbaine, la gouvernance d’entreprise et l’e-gouvernance sont pensés comme des vecteurs et catalyseurs du changement du rapport État/Société en Afrique.

Dans le même ordre d’idée, les institutions Africains et mécanismes porteurs de ces enjeux sectoriels de gouvernance (UA, CERs, CEA, BAD, NEPAD, MAEP, Organisations de la Société Civile Africaine, …..) contribuent chacun, dans le cadre d’une architecture Africaine de gouvernance en cours d’élaboration sous le leadership de la Commission de l’Union Africaine, à la formalisation des contenus opérationnels de la gouvernance de développement.

Trois thématiques principales associées se dégagent déjà de cette notion :

* la nécessaire articulation entre démocratie et droits de l’Homme ;

* les transformations économiques et sociales ;

* l’articulation entre sécurité humaine et développement durable de l’Afrique.

Chacun de ces thèmes illustre les aspirations des peuples d’Afrique car la gouvernance de développement n’a pas de sens sans le respect des droits de l’Homme, la recherche du bien-être matériel individuel et collectif, la préservation d’un environnement de paix et sécurité ainsi que leurs interactions.

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