En 2010, l’IAG a pleinement engagé son programme d’activités, lancé avec l’atelier inaugural des 3 et 4 novembre 2009. Cet aboutissement est à saluer et à prolonger surtout dans ces moments où il est impératif que les Africains se réapproprient les termes de leur développement.
1/. Les crises multisectorielles et les fragilités institutionnelles qui secouent actuellement le continent confirment que le changement devient un impératif. Les inégalités croissantes, l’insécurité alimentaire chronique, le changement climatique, l’instabilité politique et institutionnelle, les conflits qui s’éternisent et les violences avérées envers des citoyens qui ne cherchent qu’à exercer leurs droits sont les signes des grandes mutations qui sont en cours.
L’impact de ces situations est amplifié par le fait que les modèles et stratégies de gouvernance jusqu’alors retenus et appliqués en Afrique ont pour l’essentiel été importés, sont faiblement appropriés et souvent décalés avec les réalités sociales des sociétés Africaines. Cinquante (50) ans après leur indépendance, la plupart des pays Africains (dont les richesses sont pourtant considérables) vivent de ce fait le développement comme un horizon inaccessible et non comme une perspective réalisable.
2/. L’IAG essaie de créer les conditions politiques et de réunir les supports intellectuels pour répondre à ces défis, dans le cadre de son programme triennal qui s’articule autour de différents objectifs :
La valeur ajoutée de l’IAG tient ainsi à ce qu’il combine les fonctions de forum d’échanges et de source d’information, ainsi que celle de mécanisme pour le renforcement et la reconstruction des capacités pour une gouvernance de développement en Afrique. Ce concept novateur met l’accent sur une approche partagée, proactive et non pas uniquement réactive comme les acceptions des recettes de la « bonne gouvernance » qui ont précédé. Les conférences annuelles organisées en 2010 ont d’ores et déjà mis en avant un certain nombre d’exigences pour une Afrique émergente, dont le bien-être des citoyens doit être la préoccupation constante des dirigeants : besoin d’institutions fortes, respectueuses des Droits Humains, à toutes les échelles de gouvernance (locale, nationale, régionale, continentale) ; articulation entre réflexion et action, devoir de mémoire, besoin d’anticipation, responsabilité et sagesse (éthique) des parties prenantes.
3/. Pour contribuer à relever les défis liés à la promotion d’une gouvernance de développement en Afrique, l’IAG a des atouts : sa posture continentale, qui lui donne la possibilité d’avoir un regard objectif sur ce qui fait la diversité des États et des sociétés, mais aussi sur ce que les africains ont en commun et l’implication d’une grande diversité d’acteurs qui agissent dans le continent à toutes les échelles de gouvernance et la qualité de son réseau. Ces atouts devraient lui permettre de corriger les travers de démarches quelques peu technocratiques qui caractérisent encore les discussions et les approches dominantes, les reliant ainsi aux expériences, aux attentes et aspirations de tous les protagonistes de la construction de sociétés africaines modernes.
4/. Enfin pour sa pérennité et en vue de sortir d’un des multiples paradoxes africains, l’IAG, une fois qu’il aura bâti un agenda africain, doit plus que jamais s’efforcer de mobiliser des financements africains. L’Afrique ne peut pas continuer à vouloir faire financer son avenir donc ses rêves par les autres, et ce, malgré leur bonne volonté et leur engagement pour le continent. Les gouvernements, les grandes entreprises et organisations et les fondations impliquées par la gouvernance au niveau du continent, souvent eux-mêmes victimes des guerres et des crises sociales ou qui pensent simplement que la mauvaise gouvernance est la plaie qui entrave la gestion des affaires publiques, se doivent de contribuer à la recherche de solutions à ce qui ressemble de nos jours à une panne du continent. L’IAG pour sa survie devra, dans les années à venir, poursuivre la stratégie de mobilisation des ressources financières Africaines.
